DALF C2. Examen 3. Production orale

Partie 4. PRODUCTION ORALE (25 points)

Préparation : 60 minutes
Passation : 30 minutes environ

Cette épreuve se déroulera en deux temps :

1. Exposé
À partir des documents proposés, vous préparerez un exposé sur le thème indiqué, et vous le présenterez au jury. Votre exposé présentera une réflexion ordonnée sur ce sujet. Il comportera une introduction et une conclusion et mettra en évidence quelques points importants (3 ou 4 maximum).

Attention :
Les documents sont une source documentaire pour votre exposé.
Vous devez pouvoir en exploiter le contenu en y puisant des pistes de réflexion, des informations et des exemples, mais vous devez également introduire des commentaires, des idées et des exemples qui vous soient propres afin de construire une véritable réflexion personnelle.
En aucun cas vous ne devez vous limiter à un simple compte rendu des documents.
L’usage de dictionnaires monolingues français / français est autorisé.

2. Entretien
Le jury vous posera ensuite quelques questions et s’entretiendra avec vous à propos du contenu de votre exposé.

 

Thème de l’exposé : L’obsolescence programmée et le développement durable

 

Sujet 1

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La loi Consommation Hamon pour lutter contre l’obsolescence programmée

Adoptée le 13 février dernier comme projet, la loi Consommation, dite « loi Hamon », a finalement été publiée le 18 mars 2014. Elle comporte deux mesures pour lutter contre l’obsolescence programmée.

Acheter mieux et moins souvent

La première allonge la durée de garantie légale de conformité ainsi que la garantie relative aux défauts du bien vendu : elle passe de 6 mois à maintenant 2 ans. De plus, auparavant le consommateur devait prouver que le défaut n’était pas lié à son usage; dorénavant c’est aux fabricants de le prouver !

La seconde mesure prévoit une obligation de communiquer au public la durée de disponibilité des pièces détachées nécessaires pour réparer les produits. Cette communication doit être présente sur le lieu de vente et portée à la connaissance de l’acheteur, confirmé par écrit, avant la conclusion du contrat. Le fabricant ou l’importateur doivent aussi  « fournir obligatoirement, dans un délai de deux mois, aux vendeurs professionnels ou aux réparateurs, agréés ou non, qui le demandent les pièces détachées indispensables à l’utilisation des biens vendus. »

L’objectif de cette loi Consommation est officiellement annoncé par le ministère de l’Économie et des Finances : « en rééquilibrant les pouvoirs entre consommateurs et professionnels, la loi Consommation vise à libérer du pouvoir d’achat et à améliorer la vie quotidienne des Français. »

d’après Christophe Clouzeauwww.webdeveloppementdurable.com, 27.03.2014

Sujet 2

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« Le recyclage est une vision à court terme permettant aux pays développés de se donner bonne conscience »

A une époque de profondes mutations, le rapport au temps est chamboulé. Nous avons invité des personnalités et des anonymes de tous horizons à se confier sur ce vaste sujet. Cette semaine, Julien Phedyaeff, le créateur de L’Increvable, un prototype de lave-linge conçu pour durer toute une vie.

Quel regard portez-vous sur nos modes de consommation actuels ?

Je suis assez critique face au monde du prêt-à-jeter dans lequel nous vivons et j’essaie dans la mesure du possible de contourner ce modèle, intenable à long terme. Nous vivons largement au-dessus de nos moyens et je doute qu’acheter toujours plus d’objets de mauvaise qualité, fabriqués dans de mauvaises conditions nous rende heureux.

Il ne faut pas oublier que nous sommes sur une planète aux ressources limitées. Il faudrait plus de deux planètes si tous les habitants de la Terre vivaient avec le niveau de consommation moyen d’un Français.

Comment vous, jeune designer, en êtes venu à vous intéresser à la thématique de l’obsolescence programmée ?

Un designer, en créant des objets périssables, peut être acteur de la surconsommation. C’est à la fin de mes études que je me suis intéressé à cette thématique, avec l’envie d’assouvir ma passion : le démontage des objets. Cette pratique offre un regard utile sur le monde, j’en ai fait le sujet de mon mémoire de fin d’études. Il s’agit d’une recherche large sur les pratiques de démontage. Ce travail m’a permis d’explorer et de comprendre des enjeux comme le « verrouillage » des objets. J’y fais entre autres l’étude d’une machine à coudre, d’un détendeur de plongée, d’une table Ikea… Des produits très différents qui génèrent nombre de questionnements.

Démonter est à mon sens le premier pas permettant d’être acteur vis-à-vis des objets. Mais cette démarche entre en conflit avec les pratiques actuelles d’obsolescence programmée et de verrouillage systématique. Nous sommes éloignés des objets, nous ne les connaissons qu’en superficie et on nous apprend à nous en séparer le plus rapidement possible et sans remords. L’utilisateur est démuni quand il y a une panne et peut facilement être manipulé.

Aujourd’hui, ne prend-on tout de même pas mieux en compte le cycle de vie des objets, leur recyclage, leur réutilisation ?

On vante le recyclage comme un cercle vertueux mais c’est un modèle discutable, il y aura toujours de la perte et de la consommation : perte dans la qualité du matériau, consommation d’énergie pour le transport et la transformation de ces déchets…

Pour moi, la société actuelle du prêt-à-jeter ne se soucie que de l’aspect économique, elle ne prend pas en compte la valeur humaniste associée à un objet. Le recyclage, qui semble une solution à long terme, n’est en réalité qu’une vision à court terme permettant aux pays développés de se donner bonne conscience. Avant de promouvoir l’économie circulaire, il me paraît prioritaire de favoriser une économie de la réparation et de créer des objets que l’on ne jette pas à la moindre occasion.

Comment analysez-vous les débats sur l’obsolescence programmée ? Quelles en sont les dérives, d’après vous ?

L’obsolescence programmée concerne de nombreux détails. On imagine que l’industriel rend volontairement les objets défectueux. Il est difficile de le prouver mais les composants défaillants ou sous-dimensionnés répondent aussi à une demande du consommateur qui souhaite acheter son produit le moins cher possible… Sans compter la marge exceptionnelle appliquée par les industriels et distributeurs, qui ne laisse guère de budget.

Comment le design peut-il se réapproprier le temps des objets ?

Notre société est en pleine mutation, les besoins évoluent au gré des découvertes technologiques et des innovations techniques. Certains objets doivent se renouveler pour satisfaire les besoins d’évolution, mais pas tous. C’est ce que je cherche à prouver avec l’Increvable qui fait partie de ces objets que je qualifie de stables : ils ont peu évolué technologiquement et formellement dans un temps donné et répondent efficacement à un usage intemporel.

L’Increvable est donc un lave-linge conçu pour nous accompagner toute notre vie. Comment souhaitez-vous promouvoir votre démarche aujourd’hui ?

Nous nous sommes inspirés de l’existant, en démontant et en étudiant des machines : l’enjeu est de trouver les composants qui aujourd’hui définissent la durée de vie du produit et entraînent l’obsolescence programmée.

Un grand nombre de pièces sont périssables, certaines sont soumises à l’évolution de nos usages ou des normes énergétiques… D’autres font l’objet d’une usure cosmétique comme des plastiques qui jaunissent. Pourquoi voudrions-nous réparer un objet sale ? En changeant certaines pièces susceptibles de s’abîmer ou de vieillir, on est plus enclin à garder l’objet en question plus longtemps. Notre démarche repose sur la création d’un lien « affectif » : il faut y mettre du sien et si l’entretien est simplifié, voire accompagné, cela encouragera même les plus pessimistes.

Peut-on aujourd’hui créer des objets qui durent et qui ne sont pas trop onéreux ?

C’est notre ambition et c’est pour cela que la machine est vendue en kit : il est ainsi inutile d’avoir une usine d’assemblage, nous distribuons des pièces détachées. Les usagers peuvent faire le montage eux-mêmes sans contrainte de temps.

Mais certaines grandes marques de mobilier ont aussi recours à cette démarche, sans être durables pour autant…

Effectivement, sur ce point nous nous rapprochons de célèbres marques de mobilier bas de gamme. Cependant la comparaison s’arrête là car même s’il y a une volonté commune de baisser les coûts en externalisant l’étape de montage, l’intention n’est pas du tout la même !

L’Increvable pourra être démonté et remonté à l’envie autant de fois qu’il sera nécessaire, ce qui est loin d’être le cas du mobilier en kit. Au-delà de la dimension économique, nous voyons dans cette phase de montage de nombreuses vertus. A la fois d’un point de vue pédagogique mais aussi en termes d’affect et d’appropriation. On se sépare plus difficilement d’un objet que l’on comprend et dans lequel on peut s’investir.

d’après Anne-Sophie Novel, www.lemonde.fr, 04.12.2016

 

Rappel. La correction se trouve dans la partie “Matériel” de l’examen.

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