DALF C2. Examen 4. Production orale

Partie 4. PRODUCTION ORALE (25 points)

Préparation : 60 minutes
Passation : 30 minutes environ

Cette épreuve se déroulera en deux temps :

1. Exposé
À partir des documents proposés, vous préparerez un exposé sur le thème indiqué, et vous le présenterez au jury. Votre exposé présentera une réflexion ordonnée sur ce sujet. Il comportera une introduction et une conclusion et mettra en évidence quelques points importants (3 ou 4 maximum).

Attention :
Les documents sont une source documentaire pour votre exposé.
Vous devez pouvoir en exploiter le contenu en y puisant des pistes de réflexion, des informations et des exemples, mais vous devez également introduire des commentaires, des idées et des exemples qui vous soient propres afin de construire une véritable réflexion personnelle.
En aucun cas vous ne devez vous limiter à un simple compte rendu des documents.
L’usage de dictionnaires monolingues français / français est autorisé.

2. Entretien
Le jury vous posera ensuite quelques questions et s’entretiendra avec vous à propos du contenu de votre exposé.

 

Thème de l’exposé : Le féminisme d’aujourd’hui

 

Sujet 1

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Féministes aujourd’hui : L’association Mix-cité

Les mouvements de libération des femmes ont permis une remise en cause des rôles sexués et de leur distribution hiérarchique. Les femmes ont conquis des droits fondamentaux : droit à l’instruction, à l’indépendance civile, droit de vote, droit à l’avortement. Et pourtant, en dépit des avancées, notre société reste profondément sexiste. Les progrès dans l’égalité formelle masquent la persistance des discriminations.

Plus touchées par le chômage et la précarité, les femmes sont également les premières concernées par les temps partiels imposés. Elles gagnent environ 27% de moins que les hommes et sont doublement discriminées car, à la maison, ce sont surtout elles qui s’activent. Les femmes sont quasiment absentes de la scène politique : seulement 11% des députés, 6% des maires et 5% des sénateurs sont des femmes. En revanche, elles sont majoritaires sur les affiches publicitaires où on les montre nues sous n’importe quel prétexte.

Quant aux violences à l’encontre des femmes, les chiffres en disent long : en France, on estime qu’une femme sur sept est victime de violences conjugales, qu’une femme est violée tous les quarts d’heure.
Les revendications féministes sont d’autant plus nécessaires que l’idéologie du droit à la différence, l’éloge de la « féminité », en bref, les théories essentialistes, refont surface.

Faire la part de l’inné et de l’acquis est un ancien et indissoluble débat. Cependant, estimer les différences anatomiques essentielles, c’est transformer l’origine des hommes et des femmes en destin et justifier les inégalités. Si tout était conditionné par la naissance, il serait vain de se mobiliser pour changer les choses. Nous pensons que le poids de l’histoire et de la culture est déterminant.

« On ne naît pas femme, on le devient », disait Simone de Beauvoir. Aussi est-il possible d’agir pour que la culture, l’éducation, les mentalités évoluent vers l’égalité. Tout doit être possible pour chacun, quels que soit son sexe, sa couleur de peau, sa sexualité. Être féministe, c’est pour nous être universaliste.

Les luttes des années 1970 nous permettent de revendiquer aujourd’hui, parallèlement à la présence de groupes non mixtes et d’une lutte autonome des femmes, l’existence d’un mouvement féministe mixte. Les femmes ont montré qu’elles pouvaient lutter elles-mêmes contre les discriminations. Elles ont su s’arroger une prise de parole publique, qui leur était jusque-là refusée dans les mouvements mixtes, même progressistes. La domination masculine ayant été ébranlée, il nous est aujourd’hui possible de réfléchir ensemble, hommes et femmes. La mixité doit contribuer à enrichir le débat, à mieux comprendre les résistances qui subsistent et à mieux les combattre. De plus, les hommes sont directement concernés par les rôles imposés et les modèles de virilité.

Enfin et surtout, être féministe, c’est vouloir repenser les rapports de sexe, se battre contre les rapports dominant / dominé, casser les modèles sociaux ; c’est opter pour une autre société. Le féminisme n’est pas une question de sexe (l’exemple de certaines femmes militant contre l’IVG ou pour le retour des femmes au foyer montre suffisamment qu’être une femme n’est pas un brevet de féminisme !) : c’est une question de valeurs, c’est un choix de société.

d’après http://1libertaire.free.fr/assomixcites.html

Sujet 2

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« Merci Messieurs, mais nous n’avons pas besoin de vous pour réfléchir »

S’il y a une chose qu’elles ne supportent plus, c’est de se faire expliquer les choses par des hommes, convaincus qu’ils sont de fait plus intelligents qu’elles. Coup de gueule de Lili Boisvert et Judith Lussier, alias « Les Brutes », animatrices sur Télé-Quebec.

Le mansplaining (littéralement « explication de l’homme ») est le phénomène selon lequel un homme, avec des préjugés sexistes conscients ou inconscients, est convaincu que les femmes à qui il s’adresse sont intellectuellement inférieures, y compris lorsqu’elles sont plus qualifiées que lui. Il s’agit d’une attitude que l’on retrouve régulièrement dans les discussions sur le féminisme: de nombreux hommes pensent être plus pertinents que les femmes sur ce sujet, quand bien même c’est d’elles qu’il est question.

« Vous vous trompez de combat/de cibles/de stratégies », nous disent-ils. Ils n’ont jamais expérimenté l’oppression patriarcale, mais pensent détenir la bonne expertise. Mais le mansplaining peut porter sur bien d’autres sujets que l’oppression en général et l’oppression patriarcale en particulier, même si c’est bien de cette dernière qu’elle tire son fondement.

Le terme a été développé après la publication de l’essai Men explain things to me, de Rebecca Solnit, qui raconte qu’un soir, un homme s’est engagé dans un débat avec elle au sujet d’un livre, sans savoir qu’elle en était l’auteure. Sans en avoir lu davantage qu’une critique dans une revue, il lui a expliqué, avec beaucoup d’autorité, pourquoi elle avait compris l’ouvrage (son ouvrage) de travers. Malaise.

L’humilité de comprendre qu’on ne comprend pas tout

Le but de l’expression mansplaining n’est pas de réduire les hommes au silence. On peut d’ailleurs tout à fait s’exprimer sur une oppression qu’on ne vit pas personnellement. Mais idéalement, cela devrait se faire avec suffisamment d’humilité pour comprendre qu’on ne comprend pas tout. Le mansplaining, c’est quand cette discussion se teinte d’arrogance et d’un sentiment de supériorité. Les mansplainers ne veulent pas discuter: ils veulent simplement nous challenger pour nous montrer qu’ils ont mieux compris que nous, y compris notre propre combat.

Avec « Les Brutes », lorsqu’on s’attaque à des enjeux qui ne nous touchent pas personnellement mais auxquels nous sommes sensibles, comme les questions raciales, nous tentons de donner la parole aux premiers concernés plutôt que de détourner le débat.

L’insupportable attitude condescendante

Pourquoi des hommes se sentent-ils le besoin d’agir de cette façon? C’est une question de conditionnement social. Notre culture renvoie une image de l’homme plus intéressant, plus pertinent et plus amusant que la femme. La majorité des  œuvres culturelles sont produites par des hommes et mettent en scène des hommes. L’histoire même, telle qu’elle est enseignée, place les hommes en son centre. C’est également le cas à la tête de nos institutions et dans les fictions pour enfants où l’écrasante majorité des personnages sont masculins.

Si, partout où vous regardez, les hommes sont davantage écoutés et valorisés, et que vous même êtes un homme, vous pouvez vous mettre à penser, consciemment ou non, que votre avis est supérieur à celui d’une femme, quelle qu’elle soit. En conséquence, vous prenez une attitude condescendante quand vous vous adressez à l’une d’elle et ce, même dans les milieux étudiants où il est question de féminisme.

Pour certaines femmes, rire du mansplaining comme nous l’avons fait dans notre chanson est incompréhensible. Cela les met trop en colère. Mais lorsque l’on reçoit des centaines de commentaires d’hommes qui nous mansplainent, le ridicule est tel qu’on finit par en rire. Ils ne réalisent pas qu’ils disent tous la même chose. Forts de leur sentiment de supériorité, ils sont chacun persuadés d’être les seuls à détenir la vérité.

Nous mansplainer sur le mansplaining

Notre chanson est un exutoire dans lequel nous avons compilé les clichés utilisés par les mansplainers. Nous décrivons comment des hommes, mal à l’aise avec le féminisme, tentent de noyer le mouvement dans l’humanisme. C’est terriblement cliché, on les voit venir de loin. Du côté des femmes, beaucoup nous ont dit: « Wow! C’est tellement vrai! C’est exactement ce que je vis au quotidien dans mon travail! » C’était bien l’un des objectifs des Brutes: mettre le doigt sur des problématiques qui sont tellement présentes, auxquelles on s’est tellement habituées, qu’on finit par ne plus les voir.

Évidemment, la chanson a aussi réveillé des hommes qui nous ont mansplainées sur le mansplaining. Hé oui, même là. Mais d’autres nous ont également dit qu’ils comprenaient. Il s’agit là d’hommes qui s’y sont intéressés et qui, justement, veulent entendre davantage la voix des femmes.

On ne peut pas changer les siècles de domination masculine qui nous ont précédés et qui continuent d’imprégner fortement notre culture. Mais on peut certainement décider que c’en est assez. Que désormais, la voix des femmes doit prendre une importance équivalente à celle des hommes. Il faut aussi arrêter de prétendre que les femmes ne sont pas intéressées par la prise de parole, ou sont moins compétentes.

Pour concrétiser cela, il faut s’assurer que 50% des tribunes dans l’espace public soient occupées par des femmes, parce que nous sommes 50% de la population. Il s’agit d’un enjeu de légitimité démocratique : 50% dans les Parlements, 50% sur les plateaux de télé, 50% dans les conseils d’administration, 50% dans la création d’œuvres culturelles… C’est la moindre des choses.

d’après des propos recueillis par Emilie Tôn, www.lexpress.fr, 02.07.2016

Sujet 3

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Glamour prône le féminisme « souriant » et une kyrielle de clichés

Pour l’un de ses premiers éditos en tant que rédactrice en chef de l’hebdomadaire féminin Glamour, Céline Perruche a frappé fort.

Être féministe mais « souriante et douce », se battre pour ses droits mais sans agressivité. Céline Perruche, rédactrice en chef du magazine Glamour depuis le 23 février, s’est attaquée, dans son dernier édito, aux « Chiennes de garde », prônant un féminisme plus « glamour ». De quoi faire bondir plus d’une personne impliquée dans la lutte pour l’égalité des droits.

Dans ce texte d’une trentaine de lignes, l’ancienne co-rédactrice en chef du magazine masculin Lui étrille celles qui « montraient les dents avec rage à chaque insulte sexiste prononcé dans l’espace public ». « L’homme érigé en ennemi public numéro 1, crucifié à coup de mots aussi violents que leurs attaques, au point de nous mettre mal à l’aise. Not in my name », poursuit-elle.

Céline Perruche juge malgré tout que « le pire était à venir », s’en prenant alors aux « blogueuses, instagrameuses, en mal de sujets et de followers, féministes autoproclamées et théoriciennes à la petite semaine. »

« Merci, mais les femmes méritent mieux que cela », s’insurge la rédactrice en chef de l’hebdomadaire féminin, qui dit préférer le féminisme façon Leïla Smilani, auteure d’Une chanson douce et prix Goncourt 2016. « Une fille sans revanche à prendre, dont l’engagement ne se mesure pas à la longueur de ses cheveux (oui, on peut être féministe, bien habillée, et avec des cheveux longs, et même blonds), mais à un furieux penchant pour l’égalité qui se vit au quotidien. »

d’après Audrey Kucinskas, www.lexpress.fr, 06.03.2017

 

Rappel. La correction se trouve dans la partie “Matériel” de l’examen.

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