Sous la vidéo, retrouve l’exercice de compréhension orale et la transcription ! Tu peux aussi télécharger le podcast :-)  

Compréhension orale

Le personnage qui raconte l’histoire n’aime pas chasser.

□ Vrai  □ Faux

Pendant l’histoire, il y a une tempête.

□ Vrai  □ Faux

Un des personnage de l’histoire a tué un ouvrier.

□ Vrai  □ Faux

Il y a exactement deux ans, le père a tué un chasseur.

□ Vrai  □ Faux

Au début, le personnage qui raconte l’histoire est plutôt amusé par les événements.

□ Vrai  □ Faux

Dans l’histoire un jeune chien aboie pendant longtemps.

□ Vrai  □ Faux

À la fin, on découvre que c’était bien le fantôme d’un homme qui rôdait autour de la maison.

□ Vrai  □ Faux

Le personnage principal n’a finalement pas eu si peur.

□ Vrai  □ Faux

Correction

Le personnage qui raconte l’histoire n’aime pas chasser.

□ Faux  (il va dans cette maison pour chasser plusieurs jours)

Pendant l’histoire, il y a une tempête.

□ Vrai

Un des personnage de l’histoire a tué un ouvrier.

□ Faux (c’est un braconnier, pas un ouvrier !)

Il y a exactement deux ans, le père a tué un chasseur.

□ Vrai  (un braconnier est un chasseur illégal)

Au début, le personnage qui raconte l’histoire est plutôt amusé par les événements.

□ Vrai

Dans l’histoire un jeune chien aboie pendant longtemps.

□ Faux (c’est un vieux chien)

À la fin, on découvre que c’était bien le fantôme d’un homme qui rôdait autour de la maison.

□ Faux

Le personnage principal n’a finalement pas eu si peur.

□ Faux

Transcription

LA PEUR

Adapté du conte de Guy de Maupassant

C’était l’hiver, dans une forêt du nord-est de la France. Il faisait nuit plus tôt que d’habitude car, ce jour là, le ciel était très sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin sous des arbres qui criaient sous l’effet du vent. Entre les branches, je voyais courir des nuages qui semblaient fuir devant une épouvante. Nous devions dîner et coucher chez un garde forestier dont la maison n’était plus loin. J’allais là pour chasser. Mon guide, parfois, levait les yeux et disait : “Triste temps !” Puis il me parlait des gens chez qui nous arrivions : “Le père a tué un braconnier il y a deux ans, et, depuis ce temps, il semble triste et sombre, comme hanté d’un souvenir.” Ses deux fils, mariés, vivaient avec lui.

La nuit était profonde. Je ne voyais rien devant moi, ni autour de moi.  J’ai enfin aperçu une lumière, et bientôt mon compagnon frappait à la porte. Des cris aigus de femmes nous ont répondu. Puis, une voix d’homme a demandé : “Qui va là ?” Mon guide s’est nommé puis nous sommes entrés.

Devant moi, se dressait un inoubliable tableau. Un vieil homme aux cheveux blancs, à l’œil fou, le fusil dans la main, nous attendait debout au milieu de la cuisine, et deux grands garçons, armés de haches, gardaient la porte. Je pouvais distinguer dans un coin sombre deux femmes à genoux, le visage caché contre le mur.

On m’a alors expliqué la situation. Le vieux a remis son arme contre le mur et a ordonné de préparer ma chambre ; puis, comme les femmes ne bougeaient pas, il m’a dit brusquement : “Voyez-vous, Monsieur, j’ai tué un homme, il y a deux ans cette nuit. L’autre année, il est revenu m’appeler. Je l’attends encore ce soir, aussi, nous ne sommes pas tranquilles.”

Je l’ai rassuré comme j’ai pu, heureux d’être venu justement ce soir-là, et d’assister au spectacle de cette terreur superstitieuse. J’ai raconté des histoires, et je suis parvenu à calmer à peu près  tout le monde. Près du feu, un vieux chien, presque aveugle et moustachu, un de ces chiens qui ressemblent à des gens qu’on connaît, dormait le nez dans ses pattes.

Au-dehors, la tempête battait la petite maison. Je voyais à travers les fenêtres tous les arbres bousculés par le vent, éclairés par de grands éclairs.

Malgré mes efforts, je sentais bien qu’une terreur profonde tenait ces gens, et chaque fois que j’arrêtais de parler, toutes les oreilles écoutaient au loin. J’allais monter me coucher, fatigué de ces histoires, quand le vieux garde tout à coup a fait un bond de sa chaise, a pris de nouveau son fusil, et a dit avec une voix effrayée : “Le voilà ! Le voilà ! Je l’entends !” Les deux femmes se sont à nouveau mises à genoux dans leur coin et les fils ont repris leurs haches. J’allais encore essayer de les apaiser, quand le chien endormi s’est réveillé et a poussé un hurlement lugubre. Tous les yeux se sont tournés vers lui, il restait maintenant immobile, comme hanté d’une vision, et il s’est remis à hurler vers quelque chose d’invisible, d’inconnu, d’affreux sans doute, car tout son poil se hérissait. Le garde, blanc, a crié : “Il le sent ! Il le sent ! Il était là quand je l’ai tué !” Et les deux femmes se sont mises, toutes les deux, à hurler avec le chien.

J’avais maintenant des frissons. Pendant une heure, le chien a hurlé sans bouger et la peur, l’épouvantable peur entrait en moi ; la peur de quoi ? Le sais-je ? C’était la peur, voilà tout.

Nous sommes restés immobiles, blancs de peur, dans l’attente d’un événement affreux, le cœur battant et bouleversés au moindre bruit. Cet animal nous rendait fous ! Alors, le paysan s’est jeté sur lui et l’a mis dehors.

Nous sommes alors restés dans un silence plus terrifiant encore. Et soudain nous avons entendu un être qui glissait contre le mur du dehors vers la forêt. Il est passé ensuite contre la porte, il semblait chercher quelque chose. Puis on n’a plus rien entendu pendant deux minutes environ et nous étions alors paralysés par la peur. Puis il est revenu, il grattait à la porte et soudain une tête est apparue contre la vitre, une tête blanche avec des yeux lumineux comme ceux des fauves. Et un son est sorti de sa bouche, un son indistinct, un murmure plaintif.

On a alors entendu un bruit formidable dans la cuisine. Le vieux garde avait tiré. Et je vous jure qu’au bruit du coup de fusil que je n’attendais pas, j’ai eu une telle angoisse du cœur, de l’âme et du corps, que je me suis senti mourir de peur.

Nous sommes restés là jusqu’au matin, incapables de bouger, de dire un mot. Quand on a enfin ouvert la porte, on a découvert le chien mort, une balle dans la tête.

Cette nuit-là pourtant, il n’y avait en réalité aucun danger ; mais je préfère recommencer toutes les heures où j’ai affronté les plus terribles dangers, que la seule minute du coup de fusil.

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