Dans cette vidéo j’interviewe Emmanuel, ancien prof de FLE (Français Langue Étrangère). On parle de Marseille (sa ville), de FLE et de cuisine :-) Vous avez les sous-titres en français et la transcription + le podcast se trouvent sous la vidéo !
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Transcription de la vidéo

Bonjour Emmanuel !

Bonjour Pierre !

Ça va ?

Ça va très bien aujourd’hui, oui , et toi ?

Ouais, très bien ! Alors aujourd’hui, on a la chance d’avoir, un petit peu, une autre personne dans “Français avec Pierre” parce que vous êtes habitués à m’entendre toujours moi, moi, moi, mais c’est intéressant d’avoir un petit peu d’autres personnes, ça donne un petit peu de dynamisme et puis aussi pour entendre d’autres voix.

Donc Emmanuel, tu peux te présenter ?

Alors, comme tu viens de le dire, Pierre, je m’appelle Emmanuel et je peux avoir effectivement un autre accent étant donné que je suis né à Marseille même si je n’ai pas un accent marseillais traditionnel si on peut dire.

Non, c’est vrai, tu n’as pas beaucoup l’accent marseillais.

Parce que les Marseillais, ils parlent plutôt comme ça, ils ont un accent chantant.

Oui, oui, c’est ça. Et donc tu l’as jamais eu ?

Il faut dire que j’ai très peu vécu à Marseille, mes parents ont beaucoup voyagé, donc dès l’âge de 3 ans, j’ai quitté cette ville : la cité phocéenne comme on dit.

D’accord. OK, donc, il y a quelque chose qui m’intéresse spécialement c’est que tu as été professeur…

Tout à fait, oui.

À l’Institut Français, non ?

À l’Institut Français, bien loin de Marseille étant donné que c’était à Stockholm, en Suède. Un endroit où il ne fait pas aussi chaud qu’à Madrid par exemple.

Surtout aujourd’hui où on a un peu chaud !

Tout à fait, tout à fait !

Et alors, comment ça se passait les cours à l’Institut Français ?

Alors j’avais des cours de langues traditionnels et, par ailleurs, un cours que j’ai lancé qui était : “Apprenez le français en cuisinant”.

En cuisinant, en faisant la cuisine ?

Oui, nous avions une grande cuisine et donc, en petits groupes, de, jusqu’à 6 personnes, nous préparions un repas : entrée, plat et dessert, c’est quand même un challenge comme on dit actuellement, et ensuite, on le mangeait tous ensemble.

Ah, c’est génial !

Oui, c’était très bien parce que ça me permettait d’introduire un peu le vocabulaire et la technique de la cuisine française surtout, et par ailleurs, c’était très convivial étant donné que, ensuite, nous mangions ce que nous avions préparé avec une bonne bouteille de vin… S’il était français, c’était mieux !

De Bordeaux ! Comme ma ville !

Par exemple, oui ! Premier producteur en France !

… viticole en France, mais enfin, bon, il y a d’autres régions hein, il faut pas être trop…

OK, alors qu’est-ce que, qu’est-ce que tu penses aujourd’hui de l’enseignement du français ? Parce qu’on dit souvent que maintenant c’est l’anglais, l’anglais, l’anglais… Est-ce que le français est mort ?

Je ne pense pas que le français soit mort, loin de là étant donné qu’il faut dire que c’est quand même, et ça restera toujours, la langue de Molière, la langue des Lumières, la langue, on peut dire un peu chic : Paris, etc., etc. et on peut pas oublier le français, non, absolument pas ! L’anglais est utilitaire mais le français ça donne un vrai “plus” à mon avis.

Oui, oui, bien sûr !

Au niveau culturel, au niveau “haut niveau”.

Bien sûr ! En fait…

C’est le savoir-vivre à la française…

En plus de la langue, ça véhicule toujours une certaine culture…

Culture ! Tout à fait !

D’accord. OK, je suis d’accord avec toi et puis ça reste la 2e langue la plus enseignée dans le monde actuellement !

Ben oui.

D’accord. Alors pour revenir à la cuisine, quel vocabulaire par exemple de la cuisine tu apprenais ?

Le vocabulaire technique .

C’est difficile un peu, non ?

C’est… c’est pas plus difficile qu’autre chose mais c’est un vocabulaire spécifique comme nous avons le français des affaires, nous avons le français de la cuisine.

Bien sûr.

Alors, je sais pas moi… des termes comme émincer. Émincer c’est lorsqu’avec votre couteau vous faites des petits bouts de légumes. Des termes comme parer ou des termes comme … ne serait-ce qu’éplucher, éplucher une carotte, éplucher une pomme de terre.

Sortir la peau.

Oui, retirer la peau.

On dit peler aussi.

On dit peler, on peut dire peler, on peut dire éplucher on peut dire peler. Il y a des termes plus spécifiques selon les légumes aussi hein.

Mais même les thèmes je crois que même les thèmes assez généraux pour la cuisine c’est difficile souvent hein, pour les élèves, par exemple le verbe bouillir par exemple.

Oui, tout à fait !

Qui est un verbe commun en français et c’est pas forcément un verbe un verbe facile ou même le verbe “cuire” par exemple qui est assez vague en français hein? Parce que toi, toi cuire tu vois quoi ? Dans four, à la poêle, un peu tout, non ?

C’est n’importe quel type de cuisson.

C’est ça oui.

C’est avoir un aliment cru et le faire cuire que ce soit à la vapeur, que ce soit avec un micro-ondes, que ce soit avec four traditionnel, que ce soit sur le feu, une grillade…

Alors que les Espagnols par exemple, il me semble qu’ils sont plus spécifiques à chaque fois, ils ont… quand ils mettent au four ils disent… ils disent “cocer” ?

Oui, oui.

Mais quand c’est à la poêle, par exemple…

Souvent ils disent “a la plancha” alors que c’est pas vraiment à la plancha.

Non c’est vrai, c’est vrai, c’est pas forcément à la plancha.

Et ils disent pas “a la sartén”.

Non, non.

Et très souvent il y a quelque chose qui m’a énormément surpris Espagne, c’est que, souvent quand ils disent cuire, pour nous, ça serait plutôt frire.

Oui, c’est ça !

Parce que, quand en France on fait un œuf sur le plat, on utilise très très peu de matière grasse alors qu’ici en Espagne lorsqu’ils parlent de “huevos fritos” c’est les œufs trempés dans un litre d’huile.

Ouais, ils aiment l’huile, hein ?

Oui, donc c’est très frit surtout.

Alors, je ne sais pas si tu as vu mais j’ai fait un podcast sur la cuisine française un petit peu… Tu l’as vu celui-là ?

Oui, bien sûr.

Ouais ? Bon, je disais quelques… J’essayais de contrer un petit peu tous les clichés parce que mes élèves me disent : “Mais, alors vous faites toujours, vous cuisinez toujours avec du beurre ?” On cuisine plus autant que ça avec du beurre aujourd’hui.

Ça dépend aussi des régions. Dans les régions où il y a toujours eu des vaches traditionnellement comme la Bretagne, la Normandie, ils cuisinent au beurre. Par contre…

À Marseille…

À Marseille, la cuisine méditerranéenne est une cuisine à l’huile d’olive, comme en Espagne.

D’accord. Le beurre, presque pas ?

Quasiment pas !

D’accord. Et le plat traditionnel de Marseille ?

La bouillabaisse… La bouillabaisse par exemple.

Qui se fait avec poissons… ?

Avec des poissons.

C’est un genre de soupe de poissons…

De poissons, tout à fait, accompagnée aussi d’une sauce spécifique qui s’appelle la rouille et une sauce piquante que l’on met sur des petits croutons de pain.

C’est super bon !

Allez, une dernière question : est-ce que tu penses aujourd’hui que pour enseigner le français, c’est important d’avoir était professeur de français, qu’est-ce que ça apporte en plus d’avoir donné des cours ? Est-ce que ça t’a donné plus d’expérience, après, est-ce que tu as une vision différente ?

Oui, oui, tout à fait ! Je pense qu’on ne peut pas s’improviser professeur de langues comme on ne peut pas s’improviser, je ne sais pas moi, plombier. Par exemple moi, si je fais de la plomberie chez moi, je fais du bricolage. Donc, je ne suis pas un professionnel de la plomberie. Cependant en étant professeur, on a reçu un certain enseignement, on a une formation en ce qui concerne la pédagogie, la méthodologie, donc, il est très important d’avoir, comme on dit, actuellement en anglais malheureusement, ce background, cette expérience qui est un véritable plus. Parce que sinon, on risque souvent de faire du bricolage comme lorsque je disais : moi faisant de la plomberie à la maison, je fais du bricolage, ce n’est pas un travail professionnel.

D’accord. Donc, par exemple quelqu’un de natif, quelqu’un qui est français, il pourrait servir, il pourrait être utile pour des…, de la conversation et tout ça mais c’est vrai que, le fait d’avoir l’expérience, de voir les erreurs que commettent les élèves toujours, souvent toujours les mêmes en fait, ça permet de connaître bien, et de focaliser les efforts sur certaines choses par exemple.

Oui, la formation qu’a reçu un véritable enseignant est quand même une base très très importante sur son futur travail.

Et tous les enseignants de français ne sont pas ennuyeux et… parce que souvent c’est l’image traditionnelle du professeur d’il y a 30 ans, ça a évolué… Je tiens à le dire.

Oui, tout à fait, c’est en grande partie pour cela que moi, j’avais créé ce cours de cuisine parce que je m’étais dit que c’était une façon assez amusante, il y avait un côté ludique. Pas ennuyant.

Ben ouais, bien sûr. Et je crois qu’il y a de plus en plus de professeurs comme ça, avec un certain dynamisme et qui essaient de créer des choses et les cours de français ne sont pas, comme des fois des gens ont l’image d’il y a 40 ans où on ne faisait que de la théorie, c’est finit ça.

Oui, cependant, il faut dire ce qui est. Il y a niveau et niveau : pour les débutants, il faut toujours passer par un enseignement assez laborieux : grammaire, etc., etc. Mais dès que tes élèves commencent à avoir une certaine fluidité, pour moi, parler, l’oral, vivre comme si on vivait en France, des situations, c’est très formateur.

D’accord, mais on est tout à fait d’accord, moi, je crois qu’il faut… la théorie n’est pas mauvaise et la pratique est indispensable aussi.

Indispensable, tout à fait, tout à fait…

Bon, ben, merci Emmanuel !

Merci à toi de m’avoir reçu !

À bientôt !

À très bientôt !

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